Abha Dawesar – L’Inde en héritage

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Abha Dawesar, je l’avais connue avec un de ses premier romans, Babyji, que j’ai dévoré à mon retour d’Inde. Cette histoire peu commune d’une enfant homosexuelle en Inde m’avait interloquée et amusée.

Aujourd’hui, après un Dernier été à Paris, paru en 2008, Abha Dawesar revient sur le continent Indien avec L’Inde en Héritage.

Ce roman rassemble, à travers le regard d’un enfant, toute la critique de l’Inde actuelle, enclavée dans sa corruption, ses inégalités, son injustice, sa précarité et ses carences.

La particularité de ce roman est que l’auteur à choisi de ne rien nommer, ni les endroits, ni les gens, comme pour éviter de trop stigmatiser ce pays, et laisser les faits parler d’eux-même. Les personnages ne sont appelés que Père, Mère, L’enfant, Grand-père ou par des surnoms, en général, peu flatteurs: Camé raté (un cousin qui se drogue), Prout, Paria, Potiche ou Six-doigts, ou encore Trafiquant, pour un escroc plus ou moins lié à la famille. Beaucoup de stéréotypes et de clichés il est vrai, mais cela semble être le but. Rien ne manque à cette famille : des parents aimants, une tante vénale, une autre persécutée, des oncles corrompus, un abruti, et des drogués. L’inde réunie en une seule famille en quelques sortes.

Il en ressort une critique très acerbe des coutumes familiales (les parents qui ont toujours un enfant préféré, un héritage problématique à partager) et des travers de l’Inde, par exemple sa bureaucratie hallucinante et son administration complètement sclérosée. D’ailleurs, petit aparté à ce sujet : pour mieux comprendre, même à petite échelle comment l’Inde est si… comment dire… particulière…, régalez-vous sur le blog de Chouyo qui vit là bas et nous livre parfois d’exquises anecdotes !

Les toilettes (cassées), les viscères (malades), les canalisations (bouchées) sont autant de thèmes récurrents de l’histoire qui font écho aux maux de ce pays grand comme un continent.

On vit le malaise au quotidien de cet enfant chétif, claustrophobe mais ouvert d’esprit. Mais contre toute attente, et contrairement aux personnages de Babyji, je n’ai pas réussi à m’attacher à cet enfant, certainement à cause de cette vision trop froide et factuelle. Dommage.

L’Inde en Héritage reste pour moi un bon roman, très interessant à lire, et instructif, mais, c’est sûr, ce ne sera pas mon préfére d’Abha Dawesar.

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5 commentaires

  1. Faustine 6 août

    Il me semble l’avoir vu à la Fnac, mais en ce moment, j’ai besoin de plus de légèreté. Pourquoi pas cet hiver au coin du feu ;)

  2. lastucealoreille 6 août

    @ Faustine : ah ben si tu cherches de la légereté, t’as qu’à faire comme moi l’été dernier : lire « les Bienveillantes » à la plage ;-) Niveau légereté, t’es pas déçue !

  3. Faustine 7 août

    Le problème avec ce livre, c’est le cadre. Ce coin là de la France ne m’enchante guère et c’est vrai que je fais vachement attention à la ville/pays où l’histoire se situe. Mais c’est vrai que rien que pour l’histoire, j’ai faillis l’acheter à chaque passage à la Fnac. Peut être que je vais franchir le cap ;)

  4. Faustine 7 août

    Toi qui pars à Bali (j’espère que je ne me plante pas de blogueuse ;) ), tu devrais lire « Mange, prie, Aime ». la première partie se situe en Italie, la deuxième en Inde et la dernière à Bali. C’est pour ça que je suis en train de le lire ;)

  5. lastucealoreille 7 août

    @Faustine : merci pour le conseil ! Je cherchais justement un livre qui parle un peu de Bali. Quant à l’Inde j’y suis allée il y a pas longtemps, ça me fera des souvenirs ! Allez hop, direction la FNAC !

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