Back to basics : Le Marquis de Sade

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Je me suis rendue compte que j’avais de grosses lacunes en matière de lectures dites « classiques ». J’entends par là, tous ces auteurs dont on connaît le nom, parfois les oeuvres, mais qu’on a jamais lu.

 

Biensûr, comme tout le monde, on m’a forcé à avaler du Zola et du Maupassant à une époque où je préferais de loin lire Ok Podium. (j’exagère presque…)

 

Aujourd’hui je n’en ai pas gardé grand souvenir. Vaguement l’impression de ne pas avoir detesté, mais jamais vraiment accroché. C’est plus tard, à la fac, que je suis tombée amoureuse d’un certain Hemingway, le classique du classique pour un étudiant anglais. J’ai littéralement a-do-ré, et aujourd’hui encore, je me délecte de ses oeuvres. Doucement, je ne veux pas tout lire trop vite.

 

Puis plus récemment, on m’a offert Lolita, de Nabokov. Là encore une grande surprise : je connaissais quand même l’histoire mais j’ai été happée par cette écriture controversée. Je n’en dis pas trop, je lui consacrerai un billet à part entière une prochaine fois.

 

Enfin bref, je me suis dit « allons à la rencontre d’autres grands auteurs de ce monde ». Et histoire d’en prendre plein les yeux, j’ai choisi une lecture encore plus controversée : Les Infortunes de la Vertu du Marquis de Sade.

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J’ai choisi ce texte plutôt que « les 120 jours de Sodome » pour découvrir un peu plus en douceur cet auteur. J’ai pas été déçue…

 

Bon, revenons sur le bonhome un instant : ce mec là a plutôt pas mal marqué son époque puis la notre, notamment en donnant son nom (pas sûre qu’il l’ait vraiment choisi) à des pratiques érotiques un peu violentes et bizarres : le sadisme (si, si, c’est de lui que ça vient). On s’imagine donc à quoi s’attendre quand on le lit.

 

Le néologisme « sadisme », est apparu dès 1834 dans le Dictionnaire universel de Boiste comme « aberration épouvantable de la débauche : système monstrueux et antisocial qui révolte la nature ».

 

C’est Krafft-Ebing, médecin allemand, qui a donné à la fin du XIXe siècle un statut scientifique au mot sadisme, comme antonyme de masochisme pour désigner une perversion sexuelle dans laquelle la satisfaction est liée à la souffrance ou à l’humiliation infligée à autrui.

 

J’ai appris grâce à l’excellent « Métronome » de Lorant Deutsch, que ce marquis a passé une partie de sa vie en prison et notamment la Bastille, où il bénéficiait d’un statut de privilégié (imaginez, il avait le droit d’organiser des banquets paraît-il…) C’est là qu’il a rédigé les 120 journées de Sodome, qu’il a écrit en pates de mouches sur un seul et même long parchemin. Le manuscrit a été retrouvé dans sa cellule après la prise de la Bastille, et gardé secret pendant plusieurs générations.

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Qu’en est-il du livre ? Et bien c’est… wow. Choquant, il faut le dire. Dégoutant parfois, mais sans jamais y voir de mots crus ou de descriptions trop réelles. Toute la machinerie fantasmatique est assez voilée. Les pratiques elles-mêmes sont éludées, signalées simplement, paraphrasées, mais pas décrites explicitement comme le marquis s’acharnera à le faire au fur et à mesure des versions successives qui dilateront le texte. Justine et sa soeur Juliette sont abandonnées par leurs parents. Elles doivent quitter le couvent car elles sont complètement sans le sou. Juliette choisi une vie dépravée, où elle fait l’escort-girl de luxe pour des hommes riches, et la vie lui sourit. Justine, elle refuse catégoriquement cette vie de débauche et choisi une vie saine et pure. Sauf que, manque de bol, elle tombe que sur des patrons et des bonhommes bizarres, qui la violentent, lui font des sales coups, jusqu’à tomber chez des prêtres au moeurs plus que douteuses, avec 4 autres jeunes filles dont elles deviennent les esclaves et soubrettes. Son histoire, elle la raconte à une femme rencontrée dans une auberge, juste avant d’aller en prison. Or, c’est sa propre soeur, qui prend pitié d’elle et la garde sous son aile. (attention, spoiler pour ceux qui voudraient lire le livre) manque de bol encore, la belle Justine et sa vertu un jour se réveillent, elle ouvre les volets et bam, elle est foudroyée. Pas cool.

Ma conclusion : on comprend bien où il veut en venir, qu’à être trop sage on en prend toujours plein la gueule. C’était interessant, et cela a réveillé chez moi des sentiments bizarre à la lecture de certains passage. Ce qui est presque le « plus » choquant dans ce livre n’est pas vraiment l’obscénité des scènes mais les endroits où elle se pratique, maisons bourgeoises ou, emblématiquement, couvent réglé parfaitement, avec une minutie et une organisation qui accusent ce qu’on y fait. C’est cette critique de la société, le fait de mettre un coup de pied dans la fourmilière, de regarder ce qui se passe sous les soutanes (avec l’actualité de ces derniers temps, on voit que les temps n’ont pas changé), et de montrer du doigt que le vice est partout, dans toutes les couches sociales. Mais pour sûr, ce livre n’est à mettre entre toutes les mains. Maintenant, je suis contente de savoir d’où vient le sadisme, et d’avoir pu imaginer qu’à son époque, cela a dû extrêmement choquer l’opinion publique.

 

 

 

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1 commentaire

  1. le rat à la page 7 mai

    A part des extraits, je n’ai jamais lu Sade, n’ayant pas le courage de m’attaquer pour commencer aux 120 jours de Sodome. Merci pour ce billet, je sais désormais par où débuter !

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